Bouddhisme

Bouddhisme

La population que vous allez côtoyer durant votre aventure est à majorité bouddhiste. Le bouddhisme. Difficile de nos jours de parler de religion sans créer de tsunami. Dans le cas du bouddhisme le flou et les divergences commencent au moment de définir ce courant : religion ? philosophie ? morale ? science ? hehe, vaste sujet !

Appelez-le comme vous voulez, le bouddhisme fascine. Souvent limité à une image de non-violence, paix, végétarisme et méditation, il va de soi que c’en est bien plus. On pourrait presque dire qu’en occident le bouddhisme est aujourd’hui « tendance », incarné par la lutte pacifiste du Dalai Lama et de tout un peuple opprimé face au monstre chinois. Réducteur, à nouveau.

Bref. En évoquer tous les tenants et aboutis est un défi que nous ne chercherons pas à relever, là n’est pas notre vocation. Toutefois nous allons essayer de vous donner ici quelques clés pour mieux l’appréhender, une sorte d’introduction avant le grand plongeon. Car c’est sur place, de monastère en monastère mais surtout au contact de la population que vous allez réellement comprendre ce qu’est le bouddhisme et ce que cela représente. Loin des bouquins et des dogmes, il s’agit avant tout d’un mode de vie.

Mais alors commençons par le commencement.

Le mot bouddhisme provient de « Bouddha ». Buddha, de façon générale, est un titre honorifique attribué à tous les êtres qui, par leurs propres efforts, ont atteint l'Eveil, la "bodhi". Employé de manière absolue, "le Bouddha" désigne un homme en particulier, Siddharta Gautama Sakyamuni dont l’enseignement a donné naissance au bouddhisme.

C’est là un des points clé du bouddhisme qu’il convient de détailler : le bouddhisme n’est pas une religion.

Une religion, généralement, s'appuie sur la croyance en l'existence d'un dieu, créateur du monde et de l'homme. Il s’agit d’une force "extérieure", que l'homme subit et à laquelle il doit s'adapter. Pour être "sauvé", celui-ci doit entrer en communication avec ce dieu et respecter ses commandements.

L’enseignement du bouddhisme (le Dharma), propose quant à lui une explication "intérieure" : sa vision du monde et sa propre vie dépend de chaque homme. L'homme est ainsi seul responsable de sa souffrance comme de son salut, qui dépend de son engagement et de sa pratique pour échapper à l'illusion et aux tentations de la vie.

Toutefois, le bouddhisme s’apparente fortement à une religion: il existe des temples, des rituels, des statues, des actes de dévotion...
Si on peut parler de "foi" dans le bouddhisme, il s’agit davantage d'une confiance dans l'enseignement du Bouddha. Mais le Bouddha est un exemple à suivre : on ne le "prie" pas pour qu'il nous vienne en aide.

Des cérémonies ont lieu en son honneur : il s'agit de le commémorer, comme on honore un "grand homme". Les rituels (offrande d'encens, de bougies, de nourriture) ne sont pas destinées à s'attirer ses faveurs mais sont des marques de respect, une façon détournée d'offrir des offrandes aux moines ou une mise en pratique de son enseignement (le don est une manière de pratiquer le détachement).

Le rituel est aussi une pratique de méditation, qui facilite la concentration et détourne l'esprit des préoccupations quotidiennes. Les temples et les statues de Bouddha jouent aussi ce rôle : ils représentent, de manière symbolique, différents points de son enseignement, aident à les avoir toujours présents à l'esprit et contribuent à soutenir la motivation.

On ne devient pas bouddhiste par la naissance ou par un baptême mais par un engagement personnel dont l'expression formelle s'appelle la "Prise de Refuge" dans les "Trois Joyaux" : le Buddha, le Dharma et le Sangha. Cette "profession de foi" marque l'entrée dans la communauté des disciples (le Sangha) et le souhait de suivre l'enseignement (le Dharma) de celui qu'on appelle "l'Eveillé" (le Buddha).

Et le Bouddha c’est qui réellement ?

Le Bouddha "historique", Siddharta Gautama Sakyamuni, a vécu au Ve siècle avant Jésus-Christ. Il serait né en 566 av. JC, en Inde. Fils d'une famille royale, il eut une vie luxueuse jusqu'à l'âge de 30 ans. En effet, des astrologues avaient prédits à son père qu'il deviendrait soit un grand empereur, soit renoncerait au monde. Pour éviter cette 2ème possibilité, il avait été conseillé au père de donner tout le luxe possible à son fils, les plus belles femmes et de le protéger du monde de la souffrance. Tous pensaient que Siddhârta deviendrait ainsi attaché à sa position d'empereur. Erreur... Le luxe amena en fait rapidement Siddhârta à se poser des questions spirituelles.

C'est vers l'âge de 30 ans, qu'il commence à comprendre que le temps passe et que la vieillesse et la mort l'attendent. Il décide alors de chercher ce qui est au-delà du superficiel, de se comprendre intérieurement. 

Il renonce au palais, au monde et part méditer. Pendant les années suivantes, il va se consacrer uniquement à la méditation et atteindra l'éveil à l'âge de 36 ans. Il enseignera ensuite ses découvertes intérieures jusqu’à sa « mort » à 80 ans.

Le Dharma : l’enseignement du Bouddha

Les « Quatre nobles vérités » ont été exposées par le Bouddha lors de son 1er enseignement public à Bénarès, peu de temps après son éveil. Il se décompose comme un diagnostic médical :

  • 1ère Vérité : le symptôme - l'insatisfaction est inhérente à l'existence humaine
  • 2ème Vérité : le diagnostic - cette insatisfaction trouve son origine dans l'ignorance et le désir d'appropriation, propre à l'ego
  • 3ème Vérité : la thérapeutique - il existe un état de santé où, l'ignorance étant abolie, le désir ne s'exprime pas et ne donne pas naissance à l'insatisfaction
  • 4ème Vérité : le remède - pour retrouver cet état de santé, il convient de suivre une Voie (une discipline de vie déclinée en huit "branches" : "l'Octuple Noble Sentier") qui met fin à l'ignorance et au désir.
Les 3 premières vérités constituent l’étape d’étude, comprendre la nature de notre souffrance, il s’agit de la doctrine.
La 4ème consiste en l’entrainement, la pratique permettant de se libérer.

Trois notions clés de la doctrine bouddhique :

L’impermanence et la souffrance :

A chaque instant de notre vie, nous pouvons constater que tout, dans la nature, est soumis à la mort. Tout ce qui apparaît, disparaîtra un jour ou l'autre. C'est aussi le cas de nos sentiments et nos idées.

C'est l’inacceptation de cette impermanence qui nous fait souffrir. Tout (y compris notre ego) naît et meurt. C'est parce que nous refusons cette réalité des choses, "telles qu'elles sont", parce que nous entretenons l'illusion de l'existence d'un "Soi", que nous souffrons.

De cette idée découle l’un des fondements du bouddhisme qui est le détachement aux choses.

Karma et renaissance

Le mot pali kamma (karma en sanskrit) signifie littéralement « acte » ou « action » et plus particulièrement « action volontaire ».

Il ne signifie pas « fatalité » ou « destin ». La théorie du karma ne doit jamais être confondue avec une soi-disant « justice morale », avec la notion de « récompense » ou de « punition ».
Un bon karma (une bonne action) produit de bons effets, alors qu'un mauvais karma (mauvaise action) a de mauvais effets, ce n'est pas une question de justice, ou de récompense ou de punition ordonnée par une puissance qui juge la nature de l'action.

Suivant la théorie karmique, les effets d'une action continuent à se manifester même dans une vie posthume. Ce que nous appelons communément la mort, est l'arrêt complet du fonctionnement de l'organisme physique. Selon le bouddhisme, ces forces, ces énergies ne cessent pas d'agir avec l'arrêt du fonctionnement de notre corps, mais elle continue à se manifester sous une autre forme, produisant une re-existence qu'on appelle renaissance.

L'interdépendance

Tous les phénomènes de la vie n'existent qu'en inter-dépendance.

Les objets physiques sont des composés : notre corps est composé de cellules qui nous viennent de nos parents, de la nourriture que nous ingérons, de l'air que nous respirons.
Nos perceptions, elles aussi, sont "composées" : elles sont le résultat combiné de l'existence des objets extérieurs, de leur contact avec notre corps, de l'impression qu'ils laissent sur nos sens et de l'interprétation qu'en fait notre cerveau.

Nos idées, de même, sont composées : elles dépendent de l'éducation que nous avons reçue, de notre perception du monde extérieur, des événements que nous avons vécus, des idées que d'autres personnes ont exprimées. Et notre ego (l'idée que nous avons de nous-même) est une idée comme une autre...

Sources :
www.bouddhisme-universite.org/