L'Himalaya Indien

L'Himalaya Indien

La collision entre les massifs d'Asie centrale et le sous-continent indien a donné naissance à cette fabuleuse chaîne de montagnes, l'Himalaya… S'étirant sur plus de 2400 km , la chaîne de l'Himalaya débute à l'ouest au Pakistan, passe par l'Inde, le Népal, le Bhoutan et se termine au Tibet (Chine).

L'himalaya en general

En fonction de l’approche que l’on veut bien prendre, la région himalayenne peut se diviser de différentes façons.

Politiquement parlant, la chaine himalayenne est répartie entre 5 pays : la Chine (le Tibet) sur son versant nord. L’Inde, le Népal et le Bouthan sur son versant sud. Le Pakistan, situé à l’extrême ouest, dispute à l’Inde la partie du Karakoram de la chaine.

Toutefois, en termes géographiques, démographiques et culturels, il conviendrait de découper cette chaine en 3 grandes régions :

  • L’Himalaya Occidental qui inclut la partie pakistanaise de la chaine ainsi que les états du Jammu-et-Cachemire et de l’Himachal Pradesh en Inde.
  • L’Himalaya Central qui englobe le Népal, une partie du Tibet ainsi que l’état de l’Uttar Pradesh indien.
  • L’Himalaya Oriental qui contient le Bouthan ainsi que les états indiens situés à l’est comme le Sikkim.
En termes historiques, l’Himalaya se situe sur un territoire autrefois divisé en royaumes autonomes comme le Mustang, le Ladakh, le Tibet, le Sikkim ou encore le Zanskar. Ces derniers étaient tous rattachés à la puissance tibétaine et témoignent ainsi de son influence sur la région. Même si aujourd’hui ces royaumes sont répartis entre différents pays (Chine, Inde et Népal), tous ont préservé cette culture tibétaine.

L’himalaya Indien

L’Himalaya indien est réparti entre trois différents états, eux-mêmes divisés en régions :

  • Le Jammu-et-Cachemire
  • L’Himachal Pradesh
  • L’Uttar Pradesh
L’Etat du Jammu-et-Cachemire se situe à la frontière du Pakistan, du Tibet et de la région du Sinkiang chinois. Il est composé de 3 régions très différentes tant géographiquement que culturellement :
  • Jammu : cette région se situe aux pieds de la chaine himalayenne et est principalement constituée de plaines et de basses vallées idéales pour les cultures. L’élevage et la transhumance sont aussi très pratiqués. Même si majoritairement hindouiste, cette région est le fief des indiens Sikhs. Le « Temple d’or », plus grand lieu de culte des sikhs, se situe à Amritsar.
  • Cachemire : plus au nord, les vallées de basses altitudes (entre 1500 et 1800m) du Cachemire sont propices aux vergers et aux cultures. Cette région est également réputée par son artisanat. La population cachemirie est principalement musulmane. Faisant frontière avec le Pakistan, elle lui est culturellement proche. Srinagar, réputée pour son lac est sa capitale, mais aussi la ville la plus peuplée de la région himalayenne indienne.
  • Ladakh : située au nord de l’état, cette vaste région d’une superficie de 60.000km2 est constituée de chaines montagneuses et de hauts plateaux désertiques enclavés entre la chaine de l’Himalaya au sud et celle du Karakoram au nord. La rivière Indus traverse la région d’est en ouest, tandis que ces affluents Shyok et Nubra partent au nord. Cette région est majoritairement bouddhiste, de culture tibétaine. Toutefois, la population musulmane croit de plus en plus, notamment à Leh, la capitale.

L’état de l’Himachal Pradesh, au sud-est du Jammu-et-Cachemire, se situe sur les contreforts de l’Himalaya. Son altitude variant entre 450 et 6000m, il regroupe une très grande variété tant de paysages que d’écosystèmes. Environ 95% de la population est hindouiste.

  • Kangra et Chamba : ces régions situées au sud de l’état et à basse altitude présentent les conditions idéales pour la culture du thé, des pommiers et autres arbres fruitiers. Ses larges plaines et ses collines ondulées en font une région agréable. Shimla, lieu de villégiature de l’époque coloniale anglaise, continue de séduire les visiteurs. Plus récemment, Manali s’est développé comme nouvelle destination du tourisme indien. Le gouvernement en exil tibétain installé à Dharamsala se situe aussi dans cette région.
  • Spiti, Lahaul et Kinnaur : plus au nord, ces trois états très montagneux présentent des régions semi-désertiques que les forts vents et le froid rendent difficilement habitables. La population y est majoritairement bouddhiste et de culture tibétaine.

L’Etat de l’Uttar Pradesh est considéré comme l’état le plus peuplé d’Inde. La plaine du Gange constitue la plus grande partie de son territoire.

  • Garhwal : cette région qui abrite les sources du Gange, fleuve le plus sacré de l’hindouisme, baigne naturellement dans un fort mysticisme. Des milliers de pèlerins s’y rendent chaque année.
  • Kumaon : les rudes conditions de vie de cette région où l’agriculture de la pomme de terre est la principale activité en font une partie peu peuplée de l’état.

Histoire du Ladakh et mode de vie :

Aux Vème et VIème siècles des tibétains vinrent s’installer de ce côté de l’Himalaya et fondèrent le royaume autonome du Ladakh. Au travers de la construction de très nombreux monastères, ils développèrent le bouddhisme. Toutefois, cette région fut le sujet de fréquents conflits. Elle fut conquise par le Tibet, puis intégrée à l’Inde sous l’empire britannique. En 1949, après l’indépendance de l’Inde et la partition des territoires, l’extrême nord-ouest du Ladakh passa sous l’administration pakistanaise puis en 1962 le nord-est passa sous contrôle chinois.

Aujourd’hui encore, l’Inde éprouve des difficultés à faire respecter ses frontières face au Pakistan et à la Chine.

Une population sédentaire vivant principalement de la culture de l’orge vit dans les oasis formés le long des rivières Shyok et Nubra. La capitale Leh, située aux bords de l’Indus a quant à elle longtemps été une plaque tournante du commerce entre l’Inde, le Tibet et l’Asie centrale. Depuis l’annexion du Tibet à la Chine en 1959, le commerce a toutefois nettement diminué.

Une population de pasteurs nomades vit sur les hauts plateaux du Ruspshu et du Changtang. Ces derniers ont conservé un mode de vie ancestral, se déplaçant de pâturages en pâturages avec leurs troupeaux de chèvres et de yaks. Ils vivent principalement de l’échange de la laine, des peaux et du beurre qu’ils produisent contre des céréales, épices ou encore du thé.

Deux saisons rythment la vie locale : un été sec et chaud permettant les récoltes, puis un hiver long et froid paralysant complètement cette région du monde.

Le mode de vie traditionnel des ladakhis est néanmoins en voie de transformation. En effet, l’augmentation du tourisme dans la région ainsi que le plus facile accès aux biens de consommation modifie petit à petit le style de vie.

Environ 60% de la population ladakhie est de culture tibétaine, pratiquant le bouddhisme tibétain. C’est la raison pour laquelle le Ladakh est surnommé « le petit Tibet »

Le conflit du Cachemire

La région du Cachemire à nette majorité musulmane fut dans sa plus grande partie intégrée à l’Inde au moment de la partition en 1947. Le Pakistan ne tarda pas à montrer son désaccord et à s’emparer de différentes parties de l’état. Des combats éclatèrent de part et d’autres. En 1949, face à une violence accrue, les deux pays conjointement avec l’ONU définirent ensemble une ligne de cessez-le-feu.

"La région du Cachemire située à très haute altitude dans l'Himalaya est, en outre, un véritable "château d'eau" pour l'Inde et le Pakistan car elle permet de contrôler le bassin de l'Indus. Or pour ces deux pays l'eau du fleuve est vitale pour irriguer les cultures et nourrir les populations. Le partage des eaux de l'Indus et de ses affluents est organisé dans le cadre d'un traité bilatéral en date du 19 septembre 1960. Ce partage, tout en étant habituellement respecté par les deux parties, reste soumis à l'état des relations entre les deux pays. En 1965, l'Inde a essayé "d'assécher" le Pakistan et dans la crise actuelle, des voix en Inde se font entendre pour proposer cette mesure de rétorsion contre le Pakistan et les incursions au Cachemire."

Source : rapport n° 336 du Sénat, 24 juin 2002, établi à la suite d'une mission effectuée du 3 au 10 mars 2002 en Inde et au Pakistan.

Le Ladakh se situe toutefois loin de toutes ces tensions exclusivement situées à la frontière pakistanaise.